samedi 22 novembre 2008

Lapérouse et la bande dessinée

Lapérouse et la bande dessinée ? Voir ci-dessous cette intéressante critique lue dans http://www.sceneario.com





L'agent de la République Eglantine a été arrêté et emprisonné à la Conciergerie, à Paris. Gavroche est envoyé dans la capitale pour demander de l'aide au Fantôme, chef des truands de la ville. Mais ce dernier n'accepte qu'à une condition, c'est que Gavroche doit aller dans le Pacifique Sud, en Nouvelle Calédonie pour y délivrer un détenu du bagne, Jules Calonec.
Quand à Zelda, elle embarque à San Francisco à bord du submersible, le USS Kearsarge dont la mission est de traquer et détruire le CSS Alabama.


Une des premières choses que j'ai remarqué sur ce nouveau tome de la série Hauteville House est cette magnifique couverture de Manchu. On pense de suite à du Jules Verne. Cet énorme vaisseau situé dans un port survolait par des dirigeables rendrait jaloux le capitaine Nemo et son Nautilus. ici, c'est le USS Kearsarge, version uchronique et steampunk bien sûr.

Le USS Kearsarge et sa traque du CSS Alabama n'est pas un récit inconnu pour vous, si vous allez lu Duel dans la Manche, la 37ème aventure des Tuniques Bleues de Cauvin et Lambil. Vous savez ce qu'il s'est passé à cette époque là.
Mais ici, Duval et Gioux nous proposent, dans ce nouveau cycle, de le découvrir à leur façon. Mais en attendant de voir ce combat, les auteurs proposent diverses intrigues avec ce nouveau tome. Gavroche et Cayenne ont une mission à accomplir mais qui va s'avérer être un leurre. Ils vont retrouver d'anciens ennemis en terre kanak, et nous allons en apprendre un peu plus sur le passé de Gavroche, dont une partie semble liée à la Nouvelle-Calédonie. Et Zelda a sa mission à bord du USS Kearsarge dont, bien sûr, la route va croiser celle de Gavroche.

Duval ne nous laisse pas le temps de souffler, encore une fois, avec ce tome 5. Il a su y mêler aussi bien le mystère de la disparition de l'Astrolabe et de la Boussole, que les navires de l'expédition La Pérouse.
Il y a des scènes que j'aime bien qui font allusion à d'autres choses, ou des petits clins d'oeils comme cette page 8 qui rend hommage au générique de la série Les mystères de l'Ouest. Tiens, rien qu'en lisant cette page, j'ai eu en tête la musique de la série.

Thierry Gioux s'améliore au fil du récit dans son dessin. Bien sûr, il a quelques tics qui reviennent, quelques petits tracas graphiques, je trouve, mais finalement, il y a de l'idée et cela reste très plaisant à lire.

Bref, embarquez à bord du submersible, le USS Kearsarge et poursuivez cette mission en compagnie d'agents très spéciaux. La République sera fière de vous.
BERTHOLD
(21 Novembre 2008)

mardi 18 novembre 2008

"Les mystères de Rapa Nui"

Source: Les echos.fr 14/11/08

"Aujourd'hui encore, l'île de Pâques est l'acmé du voyage, une destination ultime, confetti de lave perdu au milieu du Pacifique... Dites Rapa Nui, le nom que lui donne ses habitants, et l'énigme de ses Moaïs se dresse, toujours aussi troublante.

ALTIER ET MAJESTUEUX, LE MOAÏ DE HANGA ROA SE DRESSE FACE À LA BAIE DE COOK, SUR LA CÔTE OUEST DE L'ÎLE.
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Il y a tout juste 222 ans, L'Astrolabe et La Boussole commandés par La Pérouse s'ancraient face aux statues géantes de l'île de Pâques, à plus de quarante jours de mer du royaume de France. Aujourd'hui, il faut encore 20 heures de vol pour rejoindre depuis l'Hexagone, Rapa Nui (qui signifie " la grande lointaine " en maori), l'île la plus éloignée au monde de toute terre : les côtes chiliennes sont à 3 700 kilomètres et Tahiti à 4 000. Le pied à peine posé sur l'arpent de terre volcanique, impossible d'échapper à l'étrange magnétisme émanant des lieux, le même qui dut étreindre les premiers explorateurs.

Souvent décrite comme un caillou désertique, l'île de Pâques se révèle végétale avec ses bouquets d'eucalyptus, ses coquelicots, ses mimosas, ses bouquets de cocotiers. Et bien sûr, il y a les Moaïs, monumentales statues de basalte : c'est pour elles et leurs mystères que l'on vient jusqu'ici. Uniques au monde, toujours énigmatiques aux yeux des scientifiques, elles valent à l'île son classement, depuis 1995, au Patrimoine mondial de l'Humanité.

TONGARIKI, L'AHU LE PLUS MONUMENTAL DE L'ÎLE.
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La carrière de Rano Raraku, à flanc de cratère, en est le site emblématique : 900 statues ont été taillées ici entre le XIIIe et le XVIIe siècle. Assises, debout, couchées, d'une taille moyenne de quatre à cinq mètres, elles peuvent, pour les plus récentes, atteindre 21 mètres pour 270 tonnes. Premiers frissons dans le dos au milieu de ces 400 faciès encore disséminés dans la carrière, leurs regards perdus vers l'horizon. Quelques uns des 5 000 chevaux qui vivent sur l'île, pour 4 000 Pascuans, s'en moquent, gambadant entre les monolithes de pierre. Le guide, force de la nature aux avant-bras tatoués, parle des ancêtres, ainsi statufiés et honorés par les familles. Et évoque les interrogations qui hantent encore les spécialistes. Certaines sont en passe d'être résolues comme le mode de transport de telles masses vers les Ahu, plateformes cérémonielles construites sur la côte. L'utilisation de rondins, l'île, autrefois très boisée, a sans doute permis de faire rouler les monstres de pierre. Pourtant, des questions subsistent.

Les statues ont-elles voyagé couchées ou debout ? Et pourquoi ont-elles été abandonnées au début du XIXe ? La tradition orale n'est que de peu de secours : elle a pratiquement disparu, et cette perte de mémoire, véritable amnésie collective, est l'une des plus tenaces énigmes de l'île et entretient sa légende. Impossible ainsi de connaître les origines de cette civilisation de si peu d'âmes. La langue pascuane est proche de celles de l'Asie du Sud Est. S'y retrouvent aussi des mots indiens d'Amérique du sud. Les hiéroglyphes, présents sur toute l'île, encore intraduisibles, ne ressemblent à rien de connu... Les Moaïs eux-mêmes s'apparentent aux tikis polynésiens. À en perdre son latin...

UNE LANGUEUR TOUTE POLYNÉSIENNE RÈGNE SUR LES PLAGES, COMME CELLE D'ANAKENA.
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Le sentiment d'étrangeté ne se dissipe pas lorsqu'on poursuit l'exploration de l'île. À l'ouest de Rano Raraku, les quinze Moaïs de Tongariki, le site le plus prestigieux de l'île, sont encore plus impressionnants. Restaurés entre 1992 et 1996, ils tournent le dos à l'océan Pacifique, protégeant leur clan du " mana ", le pouvoir surnaturel. On scrute les yeux vides, les pukao (chapeaux) de tuf rouge de ces géants que l'on dit capteurs d'énergie céleste. Ce qui a d'ailleurs conduit à des hypothèses les plus fantaisistes pour expliquer leur présence : le guide évoque ainsi la venue d'extra-terrestres, alors que la voiture longe l'aéroport de Mataveri, l'une des pistes d'atterrissage les plus longues du monde, construite par la Nasa pour accueillir une éventuelle navette en difficulté.

Le tourisme n'a pas eu raison de la nonchalance pascuane

OUBLIÉS SUR LES FLANCS DU VOLCAN RANO RARAKU, CES MOAÏS N'ATTEINDRONT JAMAIS LEUR PLACE PRÈS DE LA MER.
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Les mystères ne se dissolvent pas davantage au cratère de Rano Kau, réserve d'eau de l'île. Même s'ils semblent laisser indifférents les enfants qui se baignent au milieu de l'extraordinaire excavation (deux kilomètres de large et 120 mètres de profondeur) : un immense chaudron de sorcière où la roche effondrée laisse apparaître, au loin, l'océan Pacifique. Ici se cachent les ruines du village cérémoniel d'Orongo. Les pétroglyphes y racontent l'Homme-Oiseau, mythe fondateur de l'île. Chaque printemps, jusqu'à la fin du XIXe siècle, les représentants des clans locaux se rendaient sur l'îlot voisin au milieu des requins et des rouleaux pour y chercher un oeuf manutara, une petite sterne noire. Le premier revenu devenait roi de l'île pour une année...

Sa capitale, Hanga Roa, a connu un développement urbain harmonieux malgré une explosion du nombre de visiteurs : 4 800 en 1986 à 40 000 aujourd'hui. Le succès du film Rapa Nui de Kevin Costner y a fortement contribué. Le bourg s'articule autour de trois rues parallèles, de jardins de flamboyants et d'hibiscus. Les voyageurs y sont toujours objets d'une curiosité bienveillante. Au marché, les mamas vendent fruits, fleurs et légumes et artisanat local dont des miniatures de Moaïs que l'on imagine mal dans un salon parisien. Sur le port, les restaurants accueillent touristes et locaux dans une ambiance toute polynésienne, nonchalance îlienne, températures sub-tropicales et océan à perte de vue aidant.

À Anakena, que surveillent quelques Moaïs, la nature touche au rêve tropical : plage de sable blanc bordée de cocotiers, eau et ciel d'une rare pureté, baigneurs intrépides. Le moment de se remettre de ses émotions ? Pas tout à fait : ce lieu est l'un des plus sacrés de l'île. C'est ici que débarquèrent, dit-on, les premiers habitants de l'île, marins du Pacifique guidés par Hotu Matua, ancêtre de légende des Pascuans... Les mythes ne meurent jamais."

PAR JEAN-FRANÇOIS GUGGENHEIM
PHOTOS GUILLAUME DE LAUBIER ; ILLUSTRATION CARLA TALOPP

mercredi 12 novembre 2008

"Fleuriot de Langle, l'oublié de l'Astrolabe"

Source: LaDepeche.fr
Publié le 11/11/2008 09:21 | Dominique Delpiroux

"Alors que la campagne vient de se terminer sur le site de Vanikoro, le descendant du second de Lapérouse raconte…

Grand ami de Lapérouse,  Fleuriot de Langle  commandait  l'autre navire. Photo DR

S'il s'était comporté comme un sauvage, Paul Fleuriot de Langle aurait sans doute eu la vie sauve, ce 11 décembre 1787, du côté des Îles Samoa. Mais cet humaniste, excellent navigateur, mathématicien et astronome, souhaitait, tout comme son commandant Lapérouse, ne pas faire couler le sang…

« Au moment où se déroule la dernière expédition à Vanikoro, il ne faut pas oublier celui qui fut le capitaine de l'Astrolabe », explique Yannick de Vendeuvre, qui n'est autre que l'arrière, arrière, arrière-petit-fils de Paul Fleuriot de Langle. Un descendant dont le père est Quercinois, et qui a épousé à Mirande dans le Gers la fille d'Alex Silmot, vétérinaire bien connu de cette cité gersoise.

Retour au XVIIIe siècle : en 1785, Jean-François Galaup de Lapérouse prépare son expédition. Il a pour mission de compléter les informations de Cook sur cette vaste zone du Pacifique et d'explorer ces îles mystérieuses. On lui demande aussi de chercher ce passage entre Pacifique et Atlantique par le pôle, qui deviendra mythique. Pour cette mission d'exploration, l'état d'esprit n'est pas celui du conquérant ou du colonisateur. Les Lumières ont soufflé sur ces explorateurs, qui veulent aller pacifiquement à la rencontre des indigènes. Pour le seconder, Lapérouse exige Fleuriot de Langle. Ils lèvent l'ancre en août 1785.

« Lapérouse disait que de Langle était le meilleur officier possible pour cette mission, rappelle son descendant Yannick de Vendeuvre. Il a expliqué qu'il faisait le « choix de la tête et du cœur ».

TERRIBLE MASSACRE

Fleuriot de Langle se retrouve donc aux commandes de l'Astrolabe avec 114 marins à bord.

Sur le chemin du retour, en 1787, il décide d'aller faire provision d'eau fraîche à terre, sur l'île de Maouna, dans l'archipel des Samoa.

« À l'époque, on ne savait pas très bien pourquoi on attrapait le scorbut, rappelle Yannick de Vendeuvre. De Langle pensait que l'eau fraîche pouvait éviter la maladie aux marins. »

Mais sur terre, rien ne va se passer comme prévu. Tout commence dans la bonne humeur, avec de somptueuses vahinés qui entourent les marins de l'Astrolabe. Qui, après leur long périple, ont vite cédé aux avances locales… Mais cela a fini par provoquer une certaine pagaille. Pour rétablir la situation, on tenta d'amadouer les chefs locaux en leur offrant des objets de pacotille. Mais au lieu d'apaiser les esprits, il y eut des jalousies et des rancœurs après le partage. Et cela vira à l'émeute. En quelques heures on passa de l'amour à la haine. Les canots furent entourés par les autochtones. De Langle refusa de tirer. Avant de recevoir une pierre sur la tête : un coup fatal.

« Il est mort de son humanité. J'ai perdu mon meilleur ami, mon ami depuis 30 ans » constata Lapérouse, qui resta très affecté par ce drame. Lui-même aurait pu canonner les petites pirogues des attaquants. Il ne l'a pas fait. « Je craignis de me tromper au choix des victimes » a-t-il dit. Belle leçon.


Toujours des trouvailles sous la mer

Pendant ce temps, les recherches de la dernière expédition française à Vanikoro (l'archipel où ont coulé la Boussole et l'Astrolabe)viennent de se terminer. Lire La Dépêche du Midi du 9 octobre 2008.) Cette année, on a trouvé sur place une parure en os, recueillie au Port-des-Français, en Alaska en juillet 1786, un maillet en pierre, récupéré auprès des Indiens Tlingit ou Haïda, sur la côte ouest de l'Amérique du Nord, et une médaille de Louis XVI et Marie-Antoinette, très bien conservée. Cette médaille faisait partie du lot de présents qui étaient utilisés comme présents lors des escales. Autre trouvaille remarquable : un plomb de 45 kg, qui était utilisé par le physicien de l'expédition, le chevalier de Lamanon, et qui servait à mesurer la profondeur de la mer."

mercredi 5 novembre 2008

source: site "Opération Lapérouse 2008"

Une rétrospective proposée par DOCSIDE Production d'après les extraits des films écrits et réalisés par Yves Bourgeois
  • "Le Mystère de Vanikoro" – "The Vanikoro Mystery" : ATOM, France 3 Thalassa - 2001
  • "Portés disparus" – "Reported missing" : ATOM, PRODOM, RFO, l'IRD - 2003 en association avec / in association with France 3 Thalassa et France 5
  • "Le Secret des déferlantes" - "The Secret of the waves" : ATOM, PRODOM, RFO, l'IRD - 2005 en association avec / in association with France 3 Thalassa