mercredi 31 mars 2010

Des graines de l'expédition La Pérouse étudiées à Brest 225 ans après !

Source AFP
image par The photoblog of Martin Kenny
Des graines de Banksia, une plante australienne découverte par les botanistes de l'expédition La Pérouse partie de Brest en 1785, sont arrivées au Conservatoire botanique national (CBN) de Brest pour y être étudiées 225 ans après leur collecte et un long séjour dans l'eau de mer.

"Les graines sont épaisses, volumineuses, et dans un étonnant état de conservation" malgré un séjour dans l'eau de mer de près de 200 ans, a déclaré Stéphane Buord, botaniste du CNB, en présentant lundi les semences à la presse.

Le CNB, en association avec le laboratoire de biologie végétale Végénor BBV de Saint-Pol-de-Léon (Finistère), va maintenant explorer l'intérieur des graines dans l'espoir d'y trouver "des cellules vivante", a expliqué la biologiste Manuelle Bodin, de Végénor BBV.

"Une mise en culture in vitro" de ces cellules pourrait aboutir à la création d'un Banksia, a-t-elle expliqué en rappelant que cette technique avait déjà permis la création, à partir de tissus, d'une plante malgache disparue.

Les graines ont été trouvées en 1986 sur le lieu du naufrage des navires de l'explorateur français à Vanikoro (archipel des Salomons, dans le Pacifique sud), lors d'une expédition de l'association Salomon qui tente de percer le mystère La Pérouse, a expliqué l'historien maritime brestois Alain Boulaire.

Elles ont ensuite été conservées au Musée d'histoire maritime de Nouvelle Calédonie à Nouméa, avant de regagner Brest, ville à laquelle elles étaient destinées 225 ans plus tôt.

A la demande de Louis XVI, les deux navires de l'expédition scientifique, La Boussole et L'Astrolabe, menée par l'officier de marine Jean-François de La Pérouse, étaient partis du port de Brest en 1785 pour un tour du monde de quatre ou cinq ans.

En 1788, l'escadre avait fait sa dernière escale en Australie, à Botany bay, où les fruits du Banksia avaient été récoltés. L'expédition s'était perdue sur la barrière de corail de Vanikoro après une violente tempête.



© 2010 AFP

mardi 30 mars 2010

L'île de Pâques veut se protéger du tourisme de masse

LE MONDE | 23.12.09 | 15h52  •  Mis à jour le 23.12.09 | 15h52
Hanga Roa (île de Pâques), envoyée spéciale

37 ans, Luz Zasso Poa est, depuis un an, maire de Hanga Roa, chef-lieu de l'île de Pâques. "Rapa Nui", corrige-t-elle, revendiquant le nom polynésien de l'île mythique, découverte par un navigateur hollandais un jour de Pâques, en 1722, et annexée par le Chili en 1888. Une île qui, en octobre, s'est prononcée massivement, par référendum, en faveur d'un contrôle renforcé des flux migratoires. "Nous ne rejetons pas les touristes", dit Luz Zasso Poa quand on évoque ce vote, ainsi que les manifestations d'une partie des 5 000 habitants qui, en août, ont bloqué l'aéroport, empêchant pendant 48 heures les avions d'atterrir : "Le tourisme représente 80 % de notre économie et le futur de nos enfants."
Aucune industrie n'est installée sur cette île du Pacifique, la plus isolée du monde, à 4 000 km de Santiago. Tout vient du continent, même le gaz, ce qui explique les prix élevés : un kilo de pain vaut 800 pesos (1,10 euro) à Santiago mais est vendu 2 000 pesos (2,80 euros) à Rapa Nui.Grande et robuste, le visage souriant et le regard orgueilleux, Luz Zasso Poa est fière d'être la descendante d'un des principaux clans Rapa Nui. Fière aussi d'être la plus jeune maire du Chili. Elle précise qu'elle rejette le tourisme de masse, "qui met en péril le fragile écosystème" de ce paradis perdu de 164 km2, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco.
Dans son bureau, tout en macoï, le bois rosé local, les baies vitrées donnent sur des palmiers et une surprenante variété de fleurs exotiques. Plus de 65 000 visiteurs débarquent chaque année sur l'île, attirés par les plages, les paysages volcaniques et, bien sûr, les moaï, ces mystérieuses statues géantes en basalte.
La maire de Hanga Roa défend "un tourisme sélectif". En accord avec le gouverneur - une autre femme, Carolina Hotus Hey, elle aussi Rapa Nui -, elle souhaite la création d'un conseil migratoire, avec des quotas de touristes et de travailleurs résidents, sur le modèle des mesures mises en place par l'Equateur aux îles Galapagos : "Les Rapa Nui désirent contrôler ce qui leur appartient, alors que, pour l'instant, tout se décide à Santiago". Les grands complexes hôteliers sont interdits mais un luxueux "resort", consacré au tourisme d'aventure, s'est installé sur l'île, à l'abri des regards. La maire a des démêlés avec son propriétaire, un riche entrepreneur chilien.
L'élection présidentielle au Chili, où la droite pourrait l'emporter au second tour, le 17 janvier, laisse indifférents les insulaires. Aucune affiche politique n'est visible sur l'île. Les Pascuans en veulent aux continentaux. Des centaines d'entre eux sont venus, ces dernières années, s'installer sur l'île. Ils représentent 40 % de la population et accaparent les emplois les plus rémunérateurs. "Ils ne respectent pas nos coutumes et notre environnement", se plaint Manu Haoa, un musicien qui transmet aux enfants des écoles la musique et les danses de leurs ancêtres.
"Les Pascuans vous acceptent si vous leur apportez quelque chose", notent Robert Weber et Nancy Thiesen, un couple de linguistes américains qui travaillent depuis trente-deux ans dans l'île. Ils ont élaboré des programmes d'intégration de la langue rapanui, obligatoire, dans les écoles locales et préparent un dictionnaire trilingue. La langue rapanui, d'origine polynésienne, a son écriture, mais les inscriptions anciennes, retrouvées gravées sur des tablettes en bois, les rongo-rongo, n'ont toujours pas été décryptées.
Il existe trois écoles sur l'île, mais les jeunes qui veulent faire des études universitaires doivent s'exiler sur le continent. "Beaucoup ne reviennent pas, car il n'y a pas de travail en dehors du tourisme, note Merina, une guide. Il y a des continentaux incrustés partout, dans le gouvernement et l'administration."
Ces dernières années, des centaines de voitures et de bruyantes motos ont envahi Hanga Roa. Les poubelles s'amoncellent. "Il faut réguler la croissance démographique, car l'île ne peut pas absorber une quantité indéterminée de résidents permanents", estime Imelda Hey Pao. Cette hôtelière accuse les continentaux d'être à l'origine de l'apparition de la drogue et de la délinquance, phénomènes jusque-là inconnus sur l'île.
Dans la rue principale de la capitale, bordée de petits commerces et de restaurants, quelques pancartes revendiquent l'autonomie de l'île. "C'est une poignée de fous, s'exclame Hermes Valenzuela, propriétaire d'un supermarché. Sans le Chili, comment vivrions-nous ?"
En octobre, les quelque 1 300 électeurs de l'île ont approuvé à plus de 96 % une réforme de la Constitution chilienne qui devrait donner aux autorités locales un plus grand contrôle des flux migratoires. L'actuelle Constitution accorde un statut particulier à l'île de Pâques, garantissant la libre circulation des citoyens mais précisant que les terres appartiennent exclusivement aux Pascuans.
Les Chiliens du continent ou les étrangers ne peuvent pas acheter un terrain ni même une maison. "Le gouvernement de Santiago a attribué, en 1999, cinq hectares à chaque famille Rapa Nui", explique Ana Tuki, qui cultive le manioc et le maïs. Le seul moyen de devenir propriétaire est donc d'épouser un Rapa Nui.
"Des jeunes filles du continent viennent séduire nos fils pour avoir un enfant qui héritera des terres", se plaint la cultivatrice. On appelle péjorativement ces intruses "les filles aux cinq hectares".

Christine Legrand
Article paru dans l'édition du 24.12.09

vendredi 19 mars 2010

projection en avant-première du film "Au-delà d'un naufrage" à Carantec

L'amiral Battet sur les traces de La Pérouse, ce jeudi à l'Etoile - Carantec

L'amiral Jean-Louis Battet, coordinateur ministériel de la 
dernière expédition sur les traces de La Pérouse, commentera un 
documentaire, projeté jeudi, au cinéma Etoile.</P>

Au printemps de 1788, les deux bateaux de l'expédition autour du monde de M. de La Pérouse faisaient naufrage sur l'île de Vanikoro, dans le Pacifique Sud.
Depuis le milieu du XX e siècle, les expéditions se sont succédé pour tenter d'élucider le mystère de cette disparition et de comprendre ce que sont devenus les membres de l'équipage d'un de ces navires, l'Astrolabe, qui, selon la tradition orale des indigènes et les découvertes archéologiques, auraient séjourné sur l'île.
« Ont-ils vraiment pu repartir sur une embarcation de fortune ou ont-ils succombé aux assauts des Mélanésiens cannibales ? », se demandent encore les chercheurs. Pour trouver la réponse, l'association Salomon, soutenue par la Marine nationale, a conduit à l'automne 2008 une septième expédition sur l'île de Vanikoro.
Au-delà d'un naufrage, documentaire de 90 minutes, réalisé par Yves Bourgeois, auteur des films diffusés par Thalassa, sur les quatre dernières expéditions, sera projeté, jeudi 18, au cinéma Etoile. « C'est une version originale exclusive : elle est mise à la disposition du Rotary club de Morlaix et de l'association des plaisanciers de Carantec (APC) au profit des sinistrés d'Haïti », précise Joël Korn, président de l'APC. Une projection commentée par l'amiral Jean-Louis Battet, coordinateur ministériel de cette expédition.
Les bénéfices de la buvette, ouverte après la séance, seront reversés à l'association de Soutien des familles des marins péris en mer. Les recettes réalisées par les entrées payantes bénéficieront aux sinistrés d'Häiti.
Jeudi 18 mars, projection du documentaire Au-delà d'un naufrage, le naufrage de M. La Pérouse, commenté par l'amiral Battet, à 20 h 00, au cinéma l'Etoile. Tarif : 6 €.

 Source: Ouest France 18/03/10